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Jill Jones est une artiste américaine qui a travaillé avec Prince de 1982 à 1990. Elle a fait paraître un album éponyme en 1987 sur le label Paisley Park Records, elle est aussi présente dans deux films : Purple Rain et Graffiti Bridge.

1987 JJ albumcover

Jill Jones - pochette de l'album

Biographie[]

Jill Jones est née le 11 juillet 1962. Sa mère se nomme Winnie Martin et son père (qu’elle n’a jamais connu) est Victor Castellini, un batteur jazz Italo-américain qui joua notamment avec Sarah Vaughn. Sa mère était modèle de mode et de charme, et également chanteuse occasionnelle. Jill fut élevée par ses grand parents à Lebanon dans l’Ohio, jusqu’à ses 11 ans, puis sa mère la ramena à Los Angeles dans le quartier de Beverly Hills. Sa mère venait de se remarier avec Fuller Gordy, alors cadre pour le célèbre label de musique Motown formé par son frère Berry Gordy. À l’âge de 13 ans, Jill enregistre des chœurs sur l’album Full Speed Ahead, du chanteur Táta Vega sous l’impulsion de Iris Gordy, sa demi-soeur. Au lycée, elle est dans la même classe qu’un certain Lenny Kravitz. À cette même époque, elle rencontra également Tony LeMans (qui fera paraître son premier album sur Paisley Park en 1989).

1983 JJ teena

Jill Jones, au début des années 1980

Un personnage clé dans la vie de Jill Jones est la chanteuse Teena Marie. Managée par la mère de Jill, Teena Marie est d’abord membre de l’écurie Motown où elle végète dans divers projets qui n’aboutissent pas. Teena et sa mère habitaient ensemble et Teena devient un peu la grande sœur de Jill, dont elle est l’ainée de six ans. Elle l’emmenait souvent à l’école dans sa Chevrolet bleue. Finalement découverte par Rick James qui l’entend jouer du piano dans les locaux de la Motown, elle fait paraître son premier album en 1979. L’année suivante, Jill Jones reçoit un premier crédit de co-auteure sur l’album Lady T. Elle a tout juste 18 ans, quitte le lycée et part en tournée avec Teena. Les concerts de Teena Marie ont lieu d’abord en première partie de l’artiste Shaun Cassidy, puis en première partie de Rick James lui-même, qui est son mentor et son amant. À ce moment-là, les ventes de billets pour les concerts de James sont en chute libre, et Teena Marie est reprogrammée en première partie de concerts d’un artiste avec une popularité grandissante : Prince.

Rencontre avec Prince[]

Le 4 décembre 1980, Prince se produit au Buffalo Theater de Shea, dans l’état de New York. En backstage, il tombe sur Jill Jones, qui porte alors un costume rouge de patinage artistique… un accoutrement prévu pour son concert avec Teena Marie, et dont on devine qu’il sied admirablement à la jeune et jolie jeune femme.  Lors d’un show ultérieur, Prince isolera la voix de Jill Jones à la console de mixage et satisfait de ce qu’il entendit, il lui proposa de collaborer ensemble. 

1982 JJ 1999

Jill Jones et Lisa Coleman dans la vidéo de 1999.

Jill Jones est alors embarquée, dès la fin de la tournée Controversy, dans les sessions studio menées à Sunset Sound Los Angeles, ou dans la maison de Kiowa Trail, et qui constitueront l’album 1999. Elle marquera de son empreinte des titres comme Lady Cab Driver, Free, 1999, ou Automatic. Sur le disque, elle est toutefois créditée uniquement avec ses initiales, J.J., et pendant de nombreuses années elle sera distillée comme l’arme secrète de Prince, posant sa voix sur de très nombreux titres, en complément de choeurs. Et bien qu’elle fut visible dans les vidéos clips de l’époque, bien peu de gens arrivaient à savoir qui elle était réellement.

Dès le départ, Prince prit avec Jill Jones une direction musicale bien différente de Vanity 6, le groupe féminin qui était alors le plus actuel dans sa discographie. Il entendit Jill chanter des morceaux plutôt pop-rock, dans le style de Pat Benatar, et il y eut pendant quelque temps une certaine incertitude sur la direction musicale à prendre avec elle.

L’un des premiers morceaux travaillé avec Jill Jones dès le printemps 1982 fut Boom Boom (Can’t U Feel the Beat of My Heart). Ce morceau fut travaillé à nouveau et remixé pour le second album de Jill Jones, envisagé pour 1990 et c’est alors qu’un vidéo clip fut tourné. La version originale de 1982 reste inconnue à ce jour.

Au même moment, en plus de son propre album, Prince donnait les touches finales aux albums de The Time et de Vanity 6. Les sessions furent intenses et produisirent de nombreuses idées, au point que Jill Jones n’était pas certaine de comprendre la nature de son propre projet, ni même avec qui elle finirait par chanter.

Avec une présence de plus en plus accrue parmi la kyrielle de femmes qui entourent Prince à l’époque (Vanity, Susan, Kim Upsher, Susannah Melvoin, et aussi Sheila E)  Jill Jones obtient de Prince qu’il lui loue un appartement à Minneapolis. Le plus étonnant est que sa voisine de palier n’était autre que Vanity elle-même !

Au fil des années, Jill Jones est présente sur un nombre incalculable de titres enregistrés en studio, et pour la plupart elle n’est même pas créditée sur les disques lorsqu’ils paraissent. Par exemple, elle est en soutien constant sur l’album des Apollonia 6, mêlant sa voix à celle d’Apollonia jugée trop faible, et elle peut être entendue distinctement sur les albums de The Time (My Drawers), et de Sheila E (The Glamorous Life, Oliver’s House, et Next Time Wipe The Lipstick Off Your Collar), qui paraissent en 1984. Elle est aussi présente sur des titres comme Manic Monday, Possessed, 17 Days, The Dance Electric, We Can Fuck, ou Love And Sex.

En novembre 1982, Jill embarque avec Prince pour la tournée 1999. C’est à ce moment qu’il lui demande de teindre ses cheveux en blond, pour ressembler à Marylin Monroe. Ce qui ne plaisait pas vraiment à Jill, mais le projet de Prince était d’avoir un groupe multiracial, à l’image de Sly & The Family Stone. Et une choriste noire aurait porté un message bien différent. En offrant l’image d’une personne à la peau mélangée et aux cheveux blonds, Jill Jones était alors un atout charme pour attirer l’attention de l’audience blanche que Prince gagnait peu à peu avec 1999.

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Jill Jones au First Avenue pour Purple Rain.

En 1983, vient la préparation du film Purple Rain. Jill a un rôle prévu pour elle parmi les seconds rôles du film. Elle tiendra celui de la serveuse blonde du First Avenue, secrètement amoureuse du Kid. À l’origine, son rôle devait être plus conséquent : Jill devait interpréter un morceau dans le film, une pièce au piano chantée intitulée Wednesday. Mais elle fut mise en retrait lorsque le scénario a été réécrit par Albert Magnoli, qui a éliminé les scènes les plus sombres du film : jouant un personnage quelque peu déprimée dans le film, le morceau de Jill Jones venait dans un contexte où était évoqué le suicide.Jill Jones avait du mal avec sa coiffure blonde à la Marylin Monroe, elle subissait constamment les remarques de Prince qui lui intimait d’être parfaite même lorsqu’elle n’était pas sur scène. Or Jill préférait souvent être débraillée, ou elle sortait avec un chapeau pour ne pas avoir à coiffer ses cheveux.

En 1985, après l’immense succès de Purple Rain les activités autour de Prince sont réorganisées. Pour permettre à Prince de développer ses idées créatrices, le label Paisley Park Records est créé avec Warner. Le groupe Mazarati est le premier groupe à être signé, et vient rapidement ensuite Taja Sevelle. Le groupe The Family et Sheila E font paraître des albums en 1985 sur le label.

En ce qui concerne Jill Jones, elle obtient de Prince qu’il lui loue un appartement à New York dans la prestigieuse résidence Tudor City. Loin du Minnesota et de la cour qui entoure Prince, elle développe son propre réseau de relations et suit des cours de sculpture à l’université. Elle rencontre sur place des gens comme l’acteur Vincent Cassel, le duo de rappers Assassins, le styliste Maripol qui a travaillé pour Grace Jones ou Debbie Harry, ou des producteurs et auteurs de cinéma.

Elle est surprise de voir sur la pochette de Around The World In A Day qu’elle est représentée par une jeune fille en pleurs. Elle y est représentée dans une robe verte similaire à celle qu’elle portait au début des années 1980, « ma plus horrible robe » dira-t-elle.

À la fin de l’année 1985, elle se rend à Los Angeles et retrouve Prince qui enregistre alors au studio Sunset Sound. Ensemble, ils décident qu’il est temps de finaliser un album. Plusieurs titres étaient déjà candidats : All Day All Night fut enregistré live avec les Revolution lors du concert du 7 juin 1984 au First Avenue. Les parties voix furent remplacées par celles de Jill. Un autre titre longtemps en chantier et qui remonte aux prémices de Purple Rain est aussi sélectionné : G-Spot est un titre funky datant de 1983 et retravaillé pour l’occasion. Autre morceau : Mia Bocca. Ce titre remonte initialement à 1982, et il est retravaillé en 1985 pour figurer dans le film Under The Cherry Moon sous forme instrumentale. Il est à nouveau travaillé en 1986 pour l’album de Jill Jones. Enfin, Baby You’re A Trip est un inédit des sessions de l’album 1999 qui est également sélectionné.

Durant la conception de l’album, qui s’intitulait au départ My Sex, plusieurs autres titres ont été envisagés : Married Man et Killin At The Soda Shop faisaient partie d’entre eux. Un autre titre pop, Living Doll, a été écrit pour elle et finalement écarté. L’album prenait une tournure musicale qui ne correspondait pas vraiment à Jill et il a fallu discuter longuement de l’inclusion ou non de certains morceaux. Dans le même temps, elle participa à divers titres pour Mazarati, et pour Prince notamment le titre Come Elektra Tuesday enregistré en mai 1985. A ce moment-là, Prince souhaitait d’ailleurs rebaptiser Jill Jones sous le nom de Elektra, ce qu’elle refusa. Il réutilisera le nom en 1992 pour Carmen Electra. Le nom provient d’un projet de comédie musicale dont le personnage est Elektra, déjà cité dans la chanson The Ladder.

D’autres morceaux viennent compléter l’album : For Love est issu d’un jam joué par The Family et enregistré à Los Angeles pendant le tournage de leur vidéo The Screams Of Passion. My Man est issu d’une démo à la guitare acoustique et retravaillée avec des arrangements complets. L’orchestre de Clare Fischer, déjà présent sur les albums de The Family et Parade, est également mis à contribution pour certains titres.

L’album est finalisé courant 1986 par le producteur « maison » de Paisley Park, David Z. L’un des derniers morceaux enregistrés pour l’album étant Violet Blue, en octobre 1986. Avec l’inclusion de With You, une reprise d’une balade figurant sur l’album Prince de 1979 enregistrée début 1986, l’album de Jill Jones est enfin complété le 12 novembre 1986. Une version intermédiaire du mois d’octobre contenait encore les titres Rough et Can’t U Feel The Beat Of My Heart (Boom Boom).

Album : Jill Jones (1987)[]

1987 JJ miabocca

Mia Bocca - maxi single allemand

L’album de Jill Jones, éponyme, paraît sur Paisley Park Records / Warner Bros le 26 mai 1987. Il est précédé du single Mia Bocca, dont le clip est réalisé par le français Jean-Baptiste Mondino et tourné au Mexique. Jill était présentée de manière officieuse comme « la nouvelle Tina Turner », de par sa voix et son tempérament.

Sur les crédits, Jill Jones apparaît comme co-auteur de 5 titres sur les 9 de l’album. En réalité c’est Prince qui a écrit et composé tous les titres. Il en est aussi le principal instrumentiste, sauf pour les cuivres et les parties d’orchestre classique. Le son résultant de l’album est donc sur un terrain très familier dans l’auditoire de Prince.

Pour de nombreux fans, l’album de Jill Jones est considéré à date comme la meilleure production Paisley Park Records. Le second album de Sheila E (Romance 1600, en 1985) n’a pas convaincu les foules malgré la présence de A Love Bizarre, celui de The Family en 1985 était peut-être trop dans un registre jazzy, celui de Mazarati l’année précédente trop funky. L’album de Jill Jones propose des morceaux de qualité indéniable, dans un registre pop/funk peut-être plus accessible que les précédentes productions, et il est en phase avec l’album du moment : Sign O The Times.

C’est aussi le premier disque d’une réelle et nouvelle « protégée » féminine de Prince, comme nous avions pu avoir précédemment Vanity, Apollonia, ou Sheila E.

1987 JJ ForLove

Pochette de For Love, le troisième single

L’ouverture avec Mia Bocca, en reprenant une partie des paroles de Baby You’re A Trip, est grandiose, puis l’album poursuit avec deux titres de haute tenue, G-Spot et Violet Blue. Le premier est particulièrement bien construit, tant musicalement que pour les paroles. Les premières lettres de chaque vers de la chanson forment le mot FINALLY (enfin !) ce qui conduit à l’orgasme tant recherché. Inspiré et cérébral, Violet Blue porte les interrogations d’une jeune femme face à un premier rendez-vous. La première face du disque se termine avec With You, reprise gentillette et indiscutablement le titre le plus faible de l’album.

La seconde partie du disque s’ouvre avec All Day All Night, puissant morceau funk dans la lignée de The Dance Electric, suivi de For Love, brillant groove jazzy-pop, puis My Man, plus dépouillé mais tout aussi inspiré, avant de finir en apothéose sur la ballade Baby You’re A Trip.

Les singles produiront également deux faces B qui retiendront l'attention des fans : 77 Blecker St (co-écrite et réalisée avec Prince) et Baby Cries (Ah Yah) sans participation de Prince, mais co-écrite par Angie Stone alors inconnue et grande amie de Jill Jones.

L’album a donc de sérieux atouts et une qualité évidente pour être un succès, mais celui-ci ne sera pas au rendez-vous, poursuivant ainsi la série noire engagée avec les productions des années précédentes. Aux Etats-Unis, c’est un fiasco total : ni l’album ni les 3 singles ne parviennent à entrer dans aucun des « charts » ce qui fut une première dans la discographie de Prince ! Il est estimé que seulement 50 000 exemplaires furent vendus aux USA. L’album reçut un bien meilleur accueil critique en Europe, mais sans toutefois faire un carton, il ne sera classé que dans les hit-parades italiens ! Pourtant Jill Jones fit des efforts de promotion, en se produisant dans diverses émissions de TV.

L’échec de l’album est difficile à comprendre, mais il peut s’expliquer par une certaine lassitude du public envers les productions princières, et par la politique du décalage voulue par rapport aux productions contemporaines. Avec sa musique complexe et ses choix artistiques particuliers, Prince se frotte à des producteurs chevronnés et des groupes et artistes aux méthodes plus simples, plus populaires.

Jill Jones prétend aussi que la chaîne MTV ne diffusait le clip de Mia Bocca que vers 3 heures du matin, car Tipper Gore (la députée du congrès américain qui est à l’origine du sticker « parental advisory ») « ne les lâchait pas ».

1987 JJ gspot

Pochette du single G-Spot

Il est toutefois surprenant de constater que l’album 8 du groupe jazz instrumental Madhouse, paru en janvier 1987, a réussi à entrer au Billboard, et leur single 6 (pourtant pas simple pour un morceau instrumental) est même entré dans le Top 30 !

Jill Jones fut très frustrée par l’échec de l’album, qui est dû selon elle au fait que le disque a mis beaucoup de temps à être finalisé (le sortir en 85 ou 86 aurait été préférable) et à la présence des cordes qui n’étaient pas très communs à l’époque. D’autre part le disque était musicalement au milieu du gué, pas assez « black » et pas suffisamment « pop » pour jouer sur les deux tableaux.

En plus de tout cela, et malgré son talent vocal, Jill Jones n’était pas disposée à faire de la scène. Elle fit quelques premières parties pour Jody Watley à New York, qui se sont révélées désastreuses. Elle raconte : « je chantais G-Spot, mais il n’était pas question que je bouge mes fesses cette fois-là ». Elle remit son manteau et quitta la scène dans l’indifférence générale.

Préparation d’un second album (1988-1990)[]

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Jill Jones en mode sexy dans le clip de Boom Boom

Malgré la démise du premier album, Jill Jones ne s’essouffle pas et se rend à Londres pour chercher l’inspiration pour son deuxième album. Quelques titres du Vault qui étaient non retenus pour le premier disque ont été retravaillés avec Prince, dont Am I Without U ?, Flesh And Blood et My Baby Knows, en 1989.

Assez rapidement, les avis artistiques ont divergé à propos de ce disque. Jill ne souhaitait pas être considérée juste comme une autre fille sexy produite par Prince, d’autant que cela n’avait pas fonctionné pour le premier album. Le titre Can’t U Feel The Beat Of My Heart (Boom Boom) est l’exemple même de cette divergence. Issu des sessions de 1982, le titre est remixé par Prince et il est proposé à Jill de tourner un vidéo clip.

Il apparaît clairement que le caractère simpliste de la chanson et le côté « poupée sexy » présent dans le clip ne correspondent plus à Jill. Son idée était d’avoir des chansons plus profondes, et plus matures.

Sachant que Jill travaillait aussi avec d’autres producteurs et artistes, Prince a perdu de l’intérêt dans la réalisation de ce disque et l’album n’a jamais été complété. Jill était pourtant soutenue par le PDG de Warner UK, Rob Dickins, mais leurs efforts se sont révélés vains.

Graffiti Bridge (1989-1990)[]

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Malgré les divergences sur la réalisation du second album, Jill accepta de figurer dans le film Graffiti Bridge, où elle devait reprendre le rôle de la serveuse blonde qui entre temps était devenue la petite amie officielle du Kid.Comme pour Purple Rain, le role de Jill était beaucoup plus conséquent dans les premiers scripts. A l’origine le rôle principal était pour Kim Basinger, que Prince avait rencontré sur le plateau de tournage de Batman, et Jill devait avoir le « premier second rôle ». Lorsque Kim Basinger et Prince se sont séparés, Prince combina les rôles de Kim et de Jill, et créa le personnage d’Aura, joué par Ingrid Chavez. Reléguée à un rôle mineur, Jill Jones ne dispose plus que de quelques secondes d’apparition dans le film. Pire, dans la partie où elle est sur scène pour chanter Love Machine ce n’est pas avec sa propre voix mais celle de Elisa Fiorillo.  

Jill Jones était dans l’avion pour Minneapolis quand elle découvrit la dernière mouture du script. Prise de colère elle déchira et jeta en l’air le document qui s’éparpilla dans toute la cabine, puis elle partit s’enfermer dans les toilettes pour pleurer. Pendant ce temps son agent s’excusait auprès des autres voyageurs en récupérant les morceaux du script trempés dans le café.

Une fois arrivée sur place, elle refusa de s’adresser aux techniciens et aux autres acteurs autrement qu’en français. Les relations avec Prince furent plutôt tendues. Jill accepta de terminer le tournage du film, puis rentra à New York. Elle ne participa plus à aucune production en lien avec Prince, et attendit patiemment que son contrat avec Paisley Park Records expire le 15 février 1993.

Carrière après Prince[]

1996 JJ chic

Jill Jones en 1996 lors du concert avec Chic à Tokyo (capture video)

Dans les années 1990, Jill Jones officie essentiellement comme choriste mais n’a pas de discographie de premier plan. Elle travaille notamment avec Ryuichi Sakamoto (le single You Do Me est en duo), Angie Stone, Tim Simenon, John Reynolds, Lisa Lisa, Baby Mother, The Listening Pool. En 1996 elle est engagée comme l’une des deux principales choristes du groupe Chic avec Nile Rodgers, alors en tournée. Elle figure à ce titre dans le DVD Live At The Budokan, filmé la veille du décès du bassiste Bernard Edwards.

En 2001, elle fait paraître ce qui est son deuxième album solo réalisé avec l’instrumentaliste Chris Bruce, intitulé Two. Le disque paraît de façon indépendante et n’est que peu distribué. Elle dit elle-même avoir écrit et enregistré le disque sans savoir où cela la mènerait, et n’avait pas l’intention de le sortir.

2001 JJ two

Pochette de l'album Two.

Un autre album intitulé Wasted, écrit en collaboration avec le groupe The Grand Royals, paraît en 2004. Il est essentiellement distribué sur Amazon. Ces deux albums mettent en avant le côté Pop/Rock acoustique de Jill Jones.

Il faut attendre 2016 pour voir paraître un album de Jill Jones en son nom. Intitulé I Am, l’album parait comme le précédent sur le label Peace Bisquit, mais il est distribué uniquement de façon digitale. Musicalement, c’est un virage dance/pop/electro auquel Jill prête sa voix. L’album est annoncé par un single au titre assez provocateur : Fuck You ‘Til You’re Groovy.

Au fil du temps, Jill a également fait paraître sur Youtube des démos de chansons de Prince chantée par elle, comme Our Destiny, Wednesday, ou encore 4 Lust qui a été écrit comme le contrepoint de la chanson For Love de son premier album.

D’une manière générale, Jill Jones est également remarquée pour ses prises de positions politiques et des publications provocatrices sur son compte Facebook.

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