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Cet article relate les évènements du 22 avril 2018, quatrième jour de mon voyage à Minneapolis à l’occasion de la Celebration 2018.

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Journée

Pour ce dernier jour de la Celebration, une nouvelle fois les participants en « track 2 » sont avantagés. Les festivités à Paisley Park ne démarrent qu’à 17 heures, ce qui nous laisse le temps de profiter d’une belle journée ensoleillée.

La maison du film Purple Rain

Notre première visite de la journée concerne la « Purple Rain House ». Cet endroit est devenu un nouveau lieu de pèlerinage à partir de 2015, lorsque cette maison fut mise en vente par ses propriétaires, la famille Peterson (sans lien avec St Paul Peterson).

Il fut repéré que cette maison est celle qui servit lors du tournage du film « Purple Rain », pour des scènes extérieures. En raison d’un espace trop exigu pour accueillir le matériel de tournage, les scènes intérieures avaient été tournées dans l’entrepôt de Flying Cloud Drive à Edina.

Une résidente de Minneapolis, Nancy Swanson, a eu l’occasion de visiter la maison lors de sa mise en vente et un article est paru sur le blog The Current, suscitant un certain enthousiasme de la part des fans locaux. Le prix demandé pour la maison était de $110,000 considérant que de nombreux travaux étaient nécessaires pour la remettre en état. Quelques semaines plus tard elle est disparue du marché, ce qui semblait dire que quelqu’un s’en était porté acquéreur.

L’examen des documents relatifs à la succession de Prince a fait apparaître en 2016 que c’est « NPG Music Publishing » qui acquit la maison le 31 août 2015 pour un montant de $117,000. On ne sait pas pour quelle raison Prince a souhaité l’acquérir. Différentes possibilités circulent parmi les fans. On dit que c’est pour en faire un musée, ou une extension de Paisley Park. L’ennui est que la maison est assez petite et pas adaptée pour des visites en masse. De plus, sa localisation n’est pas idéale, située à 45 minutes de Paisley Park et dans un quartier résidentiel sans attractivité. Une autre rumeur disait que Prince souhaitait acquérir la maison pour l’aider à se plonger dans la rédaction de ses mémoires (un projet annoncé en 2015). Le fait de revenir sur les lieux du tournage du film aurait pu lui rappeler quelques souvenirs. Enfin, d’autres fans disent encore que Prince aurait souhaité, à terme, faire détruire cette maison comme il l’avait fait pour ses propres résidences à Kiowa Trail ou à Galpin Boulevard. La disparition subite de Prince en avril 2016 a évidemment laissé tout cela en forme d’interrogation.

  • Devant la purple rain house
  • sur le perron de la purple rain house
  • L'arrière de la maison
  • Détail du perron arrière
  • Sur le perron avant
  • rubans laissés par de précédents visiteurs
  • Notre Suburban
  • Snelling Av
  • Snelling Av
  • Purple Rain House
  • Purple Rain House
  • On voit encore le nom des Peterson sur la boîte aux lettres
En arrivant sur les lieux nous découvrons une maison de taille moyenne voire petite, et très modeste, presque à l’état d’abandon. Il semble que ses derniers habitants étaient particulièrement démunis. En faisant le tour, on constate qu’elle est située près d’une zone industrielle ferroviaire et que la ligne de chemin de fer passe presque au bout du jardin. C’est assez réaliste car dans le film on entend souvent des trains en fond sonore. Le perron en bois avait été retapé il y a peu, l’ancien était ravagé par l’humidité et s’était écroulé après les premières visites de fans. De précédents visiteurs ont laissé des rubans, des dessins ou des photos. La fenêtre qui est censée donner sur la cave est murée, probablement pour éviter que les curieux ne descendent voir s’il reste quelque chose du film. En regardant à travers les vitres du rez-de-chaussée, on aperçoit un spectacle de désolation à l’intérieur. Il ne reste qu’un vieil évier crasseux et de la saleté. Effectivement, il fallait faire des travaux pour la rendre à nouveau habitable.

Nous restons sur place un bon moment et prenons de nombreuses photos. Tant et si bien qu’au moment où nous sommes prêts à repartir, c’est déjà le déjeuner qui s’annonce. Un rapide coup d’œil sur le GPS nous montre que nous sommes à 13 minutes d’un restaurant qu’on m’avait conseillé. Nous nous mettons en route.

Runyons

  • La devanture
  • Mur dans le restaurant
  • Mur dans le restaurant
  • Les fameux chicken wings !
Le restaurant en question s’appelle Runyons et il est situé en centre ville de Minneapolis, il est question d’y manger « les meilleures chicken wings du monde ». Le resto n’a aucun lien particulier avec Prince, mais on sent l’influence musicale et artistique de la ville avec les photographies présentes au mur. Nous commandons les fameuses « chicken wings » et le moins que l’on puisse dire c’est que ça déchire ! D’après les serveurs, c’est une recette inédite qu’on ne trouve qu’ici. On ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi épicé !

Notre étape après le déjeuner est de nous rendre dans un quartier que j’affectionne : Calhoun Square !

Calhoun Square

  • Non loin du cinéma Uptown
  • Fresque murale
  • Devant la fresque murale
  • Autre fresque murale aux colombes violettes
  • La célèbre enseigne verticale du cinéma
  • Calhoun Square
  • Lake Calhoun
  • Le lac est encore gelé en avril
Le quartier de Calhoun Square est un peu l’espace « bobo » de Minneapolis, on sent que le revenu moyen est plus élevé que du côté de la « purple rain house » tout en affichant un certain côté artistique, et un esprit un peu « village » avec des boutiques. Concrètement, il s’agit du croisement entre Hennepin Avenue (qui nous amène droit au cœur du centre-ville, avec le First Avenue et le Target Center) et West Lake Street. À cet endroit se situent plusieurs bâtiments « iconiques » comme le centre commercial Calhoun Square, le cinéma « Uptown » qui fut, avec le First Avenue, l’un des premiers signes du lien entre Prince et la ville du fait de la chanson du même nom, et l’emplacement du premier NPG Store dans les années 1993-1996. Non loin, on trouve le Lake Calhoun qui donna son nom à l’endroit. On trouve aussi dans le secteur plusieurs peintures murales qui évoquent Prince et devant lesquelles nous prenons des photos.

Après avoir fait le tour de ces différents lieux, on constate qu’il nous reste du temps et nous choisissons de nous rendre au Weisman Art Museum où se trouve une exposition sur Prince.

Weisman Art Museum

« Prince from Minneapolis » est une exposition qui a été montée au printemps 2018 pour coïncider avec un symposium (série de conferences) qui eut lieu à l’Université du Minnesota, une semaine avant la Celebration. Pour nous rendre à ce musée nous devons passer au-dessus du fleuve Mississippi, avec une pensée pour tout ce que cette force de la nature représente dans l’histoire des Etats-Unis.

L’exposition présente le travail photographique de Allen Beaulieu, Nancy Bundt, Terry Gydesen, et Robert Whitman, qui ont suivi les premières années de la carrière de Prince.

  • Le musée Weisman
  • Le fleuve Mississippi
  • Au loin, la skyline de Minneapolis
  • L'affiche de l'exposition
  • les oeuvres de Troy Gua
  • La fresque de Rock Martinez
  • Une photo devant s'impose
  • Le vélo dessiné pour Prince
  • les colombes violettes nous montrent le chemin
  • Une autre oeuvre princière
Il y a également des œuvres d’artistes inspirés par Prince, comme Troy Gua. Originaire de Seattle, Troy s’est fait connaître en mettant en scène une poupée baptisée « Le Petit Prince ». Son oeuvre est le fruit d’un talent mélangeant la mise en scène, l’habillage, et la photographie d’objets. On y trouve aussi des œuvres des frères De La Torre, qui ont produit des figures en verre à Minneapolis, quelques jours après le décès de Prince. Autre point marquant de cette exposition, la fresque murale de Rock Martinez, originaire lui aussi de Minneapolis, et qui fut commandée spécialement pour cet évènement.

Visitable gratuitement, l’exposition est tout simplement géniale. On y découvre de nombreuses photographies rares, dont certaines seront probablement dans les livres à sortir prochainement par chacun des photographes. Celles de Allen Beaulieu et de Nancy Bundt sont les plus impressionnantes, reflétant encore le temps où Prince n’était pas très connu, mais sa détermination et son charisme transpercent chacune de ces photos avec une force incroyable.

La fresque murale de Rock Martinez, elle aussi, est véritablement superbe. Les photos de la poupée de Troy Gua sont aussi magnifiques. On trouve également à cet endroit un vélo imaginé spécialement pour Prince construit par Erik Noren, et qui a gagné deux prix d’exposition en 2017.

Si nous ressortons ravis de cette visite impromptue, la cerise sur le gâteau est de tomber par hasard sur Troy Gua lui-même, déambulant sur le parvis du musée ! Nous faisons connaissance avec lui, il s’avère charmant et humble, et discute quelques minutes avec nous. Troy est bien sûr présent à la Celebration, et si je l’avais plusieurs fois aperçu dans le public, il était souvent entouré et je n’avais pas eu l’occasion de le saluer. C’est désormais chose faite. Petite fierté personnelle, quand je lui ai indiqué être « Calhoun Square » il m’a reconnu tout de suite, merci les réseaux sociaux !

Il est maintenant temps de nous rendre à Paisley Park.

Devant Paisley Park

En arrivant sur place, nous croisons les participants de la « track 1 » qui sortent tout juste. C’est désormais terminé pour eux et nous sentons déjà un sentiment de tristesse en pensant que tout cela est bientôt fini pour nous aussi. Nous jetons un coup d’œil aux objets exposés sur la grille, et nous entrons dans le bâtiment pour la dernière fois.

Panel : fDeluxe

Nous sommes dirigés comme d’habitude vers la Sound Stage et nous allons assister au panel de discussion de fDeluxe, le groupe qui s’appelait auparavant The Family. On retrouve, en plus du commentateur Jim McGuinn de la radio the Current, les membres du groupe : St Paul, Susannah Melvoin, Eric Leeds et Jellybean Johnson.

Ce que le panel nous apprend sur le groupe relève encore d’anecdotes, mais il s’agit d’illustrer ce que Prince a pu créer autour de lui. L’ensemble du groupe insiste pour dire qu’ils sont encore une « famille », partageant ensemble des vacances ou des soirées. Personne n’aurait imaginé qu’ils soient restés amis ainsi pendant toutes ces années, surtout après que le groupe se soit disloqué par la volonté de Paul Peterson, qui mit fin à sa collaboration avec Prince en 1985.

Fdeluxe

fDeluxe (photo officielle)

Susannah Melvoin raconta avec conviction comment elle vivait dans un bungalow à Los Angeles avec sa sœur Wendy et Lisa Coleman, et la mémoire d’un jour où elles allèrent toutes les trois chercher Prince à l’aéroport dans leur voiture (une Buick couleur saumon), mangeant ensemble des grappes de raisin achetées en cours de route. Elle raconta aussi que c’est dans cette maison qu’elle joua à Prince une reprise de Aretha Franklin, dont elle avait soumis la démo à Quincy Jones. Elle venait d’obtenir un contrat pour enregistrer ce titre auprès de Quincy, et une semaine plus tard Prince l’appela pour lui demander de venir « dans sa famille », c’est ainsi que le groupe est né et a obtenu son nom. Susannah a donc dû dire « non » à Quincy Jones pour rejoindre The Family !

Quant à St Paul, il évoque la sortie récente du titre Nothing Compares 2 U chanté par Prince, détaillant qu’il a reçu et écouté cette nouvelle version dans la cuisine de la maison familiale des Peterson, exactement au même endroit que lorsque Prince lui avait envoyé la version pour The Family trente ans plus tôt.

Nous retrouverons fDeluxe un peu plus tard dans la soirée pour le concert de clôture de la Celebration.

Panel : MPLS Early Years

Nous enchainons avec un second panel de discussion, celui que j’attendais particulièrement. On retrouve sur scène Bobby Z, Dr Fink, Dez Dickerson, et surtout Gayle Chapman que j’ai l’occasion de voir pour la première fois. Une nouvelle fois, les échanges évoquent des histoires et des anecdotes, mais j’ai pour ma part un sentiment de déception car les récits sont déjà connus : le moment où Prince encourage Dr Fink à voler un mégaphone de sécurité dans un avion (ils terminent arrêtés par la police, mais ces derniers reconnaissent Prince et ont passé la soirée à discuter avec lui en attendant qu’on vienne le chercher), celui où il utilise le numéro de téléphone de Dez Dickerson pour créer un titre de The Time (777-9311), le fait que Prince a demandé à Dr Fink pour son audition dans le groupe, de jouer le morceau So Blue alors qu’il n’y a pas de clavier dedans, etc. Gayle Chapman, au milieu de tout cela, semble un peu perdue et manque de mémoire, elle se contente de quelques commentaires.

Le souci avec ce panel est que les intervenants semblent très loin sur cette scène de Paisley Park. C’est pareil dans les cas précédents, mais je ne retrouve pas la proximité que j’ai eue avec ces personnes en 2012 pour le concert des Revolution. Un sentiment probablement partagé, car dès la fin du panel le public se précipite au bord de la scène pour retenir les intervenants, qui finissent par descendre signer quelques autographes.

Concert screening : Piano & A Microphone (part 1)

C’est donc le dernier jour que nous voyons la première moitié du show Piano & A Microphone donné à Paisley Park le 21 janvier 2016. Le concert reste très bon et agréable à regarder, même si par rapport à la partie 2 que nous avions vue deux jours plus tôt, on est un peu plus dans la retenue et l’émotion. On a droit toutefois à une sacrée série de titres : Wow ; The Love We Make ; Look At Me, Look At U ; The Question Of U (instrumental) ; 1000 X's & O's ; U're Gonna C Me ; Call My Name ; Purple Rain ; The Dance ; Te Amo Corazón ; A Million Days, et assez logiquement pour conclure Nothing Compares 2 U. J’aurais une mention particulière pour le titre Te Amo Corazon, étonnamment inspiré, et pour Purple Rain à la fin duquel Prince essuie ses larmes. Visiblement troublé, il félicite le public d’être venu pour cette première et indique « qu’il n’a peut-être pas choisi la bonne séquence de titres ». On ressent alors l’investissement émotionnel que Prince a pu mettre dans ce spectacle, ce qui est troublant pour nous aussi.

Meal break

C’est le moment de la pause dîner, et nous nous dirigeons une nouvelle fois sous la tente réservée aux VIP. Il ne nous nous reste plus qu’à vivre le concert de fDeluxe qui clôturera la Celebration, et après la projection de Piano & A Microphone on n’a pas vraiment l’esprit à la fête.

Concert : fDeluxe

Fdeluxe show

fDeluxe sur la scène de Paisley Park (photo The Current)

Il semblait un peu étrange de voir fDeluxe clôturer les festivités de cette Celebration 2018. L’ordre logique aurait voulu que ce soient plutôt les Funk Soldiers. Le groupe partait donc avec un handicap émotionnel, mais soyons clair : St Paul, Susannah, Eric et Jellybean ont donné tout ce qu’ils pouvaient pour ce show. À noter que Jellybean était à la guitare et non à la batterie. Le show a été bien reçu, les musiciens sont talentueux, et les interprétations étaient bonnes, mais il faut avouer qu’il a manqué un grain de folie à cette prestation pour totalement faire adhérer le public. J’ai trouvé aussi que le mélange entre les titres de l’album de The Family et ceux de l’album Gaslight de fDeluxe n’était pas idéal. Malgré tout, on a passé un bon moment.

Sortie

Dès la fin du concert, Wally Safford vient une dernière fois sur scène pour remercier fDeluxe et on nous indique déjà la sortie. Aucune mention n’est faite sur les dates de la prochaine Celebration, ce qui rend la chose inquiétante. Pourtant Wally insiste en disant qu’il y en aura encore « beaucoup d’autres ». Nous apprendrons plus tard que la Celebration 2019 aura bien lieu, mais la présence du dimanche de Pâques le 21 avril oblige les organisateurs à la déplacer d’une semaine. Il n’y a pas non plus un « au revoir » digne de ce nom, on se retrouve dehors en un rien de temps et on doit réaliser que c’est fini. Il a clairement manqué quelque chose pour clôturer en beauté cet évènement de quatre jours. 

Direction le Bunker’s Bar

  • Une dernière photo de l'entrée de Paisley Park
  • Le Bunker's
  • Le Bunker's
  • La salle
  • Jullius, Sonny, Billy
  • Margie, Julius, Michael, Sonny
  • Julius, Michael, Sonny, Billy
  • sur le mur du Bunker's
  • Michael, Sonny, Billy
  • un selfie avec Sonny T
Il est un peu plus de 22 heures, mais la journée n’est pas encore finie : nous nous dirigeons prestement vers le Bunker’s Bar où joue ce soir le groupe Dr Mambo’s Combo. Le casting est prestigieux car nous verrons Michael Bland, Sonny T, Margie Cox, Julius Collins et Billy Franze sur la petite scène du club. C’est le véritable aftershow de la Celebration, en arrivant sur place on retrouve bon nombre de participants vus à Paisley Park mais en même temps l’endroit n’est pas surpeuplé.

Comme à son habitude le Dr Mambo’s Combo reprend des standards du Funk et de la Soul ainsi que quelques titres de Prince comme Pop Life, She’s Always In My Hair et Strange Relationship. Dans la salle nous croisons Margie Cox ou Sonny T, qui accepte de faire un petit selfie.

À une heure déjà avancée de la nuit, il est temps de retrouver notre maison pour une dernière nuit avant de repartir vers Paris.

Pour lire mes conclusions sur cette Celebration 2018, et savoir quel retour j’ai effectué auprès de Paisley Park, rendez-vous sur cette page.

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